Nous allons maintenant parler quelques instants de l’histoire des lieux. Installez-vous donc, si vous le désirez, sur l’un des bancs proches.
Diverses traces découvertes sur le site ou dans ses environs attestent que plusieurs peuplades s’y sont établies. Il s’agit, par exemple, de pointes de flèches de l’époque néolithique et d’une nécropole mérovingienne, encore enfouie devant le château.
Selon un texte datant de la fin du dixième siècle, Neuvicq était le siège au siècle précédent d’une viguerie, lieu où l’on rendait la justice. Cela implique l’existence d’une maison fortifiée, suffisamment importante pour assurer la détention et le jugement des prisonniers, ainsi que le logement du personnel de garde et de défense. Où se trouvait-elle exactement ? Des fondations datant de cette époque, découvertes récemment sous la rue du château, semblent indiquer qu’elle se trouvait dans les environs immédiats.
Il faut également signaler qu’au bois du Fouet, à moins d’un kilomètre au nord-ouest de notre position, existait une motte castrale datant sans doute du onzième ou du début du douzième siècle. Cette motte indique la présence d’un petit seigneur féodal, dont le nom et l’origine sont inconnus. Il vous sera expliqué à l’intérieur du château en quoi consiste une telle motte.
C’est ensuite le livre des fiefs de Guillaume de Blaye, évêque d’Angoulême à la fin du treizième siècle, qui nous apprend qu’en 1266 existait ici un fort manoir appartenant à Guillaume de Neuvicq, également propriétaire de plusieurs hébergements et dépendances dans les environs. Nous ignorons s’il était apparenté au petit seigneur dont il vient d’être question. Il avait un fils, Foulques de Neuvicq, dont l’existence est connue en 1285. Malheureusement, rien ne nous indique ce que sont devenus ces personnages ou leur éventuelle descendance, le déclenchement de la guerre de cent ans en 1346 et les ravages de la peste noire de 1347 à 1352, nous privant d’informations.
En 1373, la région est sous domination anglaise dont une garnison occupe le fort manoir. Au cours de violents combats avec les troupes françaises venues délivrer la région, le fort est presque entièrement détruit. Il ne reste qu’une tour imposante. Pour l’imaginer, suivez des yeux le chemin blanc qui passe devant le château. A une trentaine de mètres, sur la gauche, l’espace herbeux fait place à un mur surmonté d’un hangar. Représentez-vous à cet endroit une énorme tour ronde, haute d’une quinzaine de mètres, d’un diamètre intérieur de dix mètres et aux murs épais de plusieurs mètres. On y trouvait, au rez-de-chaussée une chambre de torture sous laquelle on enfermait les criminels dans un cachot, un étage auquel on accédait par un escalier extérieur, et au sommet une plate-forme couverte et crénelée d’où les sentinelles faisaient le guet. Cette description nous laisse imaginer l’importance que devait avoir le reste du fort manoir.
Les lieux vont rester en l’état pendant plusieurs dizaines d’années avant la construction d’un nouveau château. Par qui et comment était-il ? Pour le savoir, déplacez-vous jusqu’au point numéro 3, sur la pelouse, à côté du petit parking.